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lun.

26

sept.

2011

Ce qu'en dit mon writing buddy

Voici une lettre que mon writing buddy, Patrice Cazeault (En passant, vous devez savoir que Les Éditions AdA ont accepté de publier sa série de romans SF ! SUPER BRAVO, PAT !!!!), a écrite sur mon roman La Brûlure d'Adeline. Je lui ai demandé s'il acceptait que je publie son texte, et il a dit oui, à ma grande joie. Merci Pat ! Tu es un ANGE !!!! :-)
Cette lettre m'a remise sur le piton et m'a redonné confiance en moi et en ce que j'écris...
 
Annie!
 
Comme promis, je me remets au boulot :)
 
Voici donc mon appréciation officielle de Adeline Tome 2 (à paraître bientôt chez une maison d'édition chanceuse) :
 
D'abord, au niveau de l'écriture, je ressens une nette amélioration par rapport au premier. Il s'en dégage une assurance, une richesse, une maîtrise. De tout le roman, il n'y a que deux petits passages qui m'ont fait sourciller et je t'en ai fait part dans mon courriel du 17 janvier. Tout le reste coule, glisse et s'enchaîne d'une façon naturelle.
 
Très fluide (Je te l'ai déjà dit, n'est-ce pas? Je ne suis plus sûr. Sûrement dans un courriel). Et énergique. Une plume qui valse facilement de l'action aux dialogues, nous fournissant tous les petits détails dont le lecteur a besoin pour se faire le film. Tes descriptions sont vivantes et justes. Insérées au bon moment, au bon endroit.
 
Pour l'écriture, donc, je n'ai rien à redire!
 
J'ai bien aimé comment tu as structuré ton texte. Tu commences par un mystère. Un quelque chose pour accrocher le lecteur. D'ailleurs, la résonance africaine m'a beaucoup plu. Ça apporte une richesse au récit. Ça ancre. Ça permet au lecteur de puiser dans les images qu'il associe au continent noir. Le danger aurait été de situer l'antagoniste dans un autre continent disparu. Ça passe pour Geunam et son fils, mais ça rend leur imagerie immédiatement plus floue pour le lecteur. Au contraire, avec l'ensorceleuse noire, les gens qui ont fui Mu pour l'Afrique, notre esprit leur associe automatiquement des sons, des couleurs, des odeurs. C'est un aspect du récit qui m'a bien plu!
 
Ensuite, avec le ICI qui prend toute une page et ton LÀ-BAS, j'ai trouvé la séparation intéressante. Juste le ICI tient ton lecteur en haleine. Pour l'instant, le récit se déroule ICI. Ce qui veut nécessairement dire qu'on va se déplacer AILLEURS éventuellement. Quand? Où? Comment? Le lecteur a des pistes, des indices. Inconsciemment, il est sur le qui-vive. C'était fort habile. Un petit truc à garder dans tes manches et à réutiliser à bon escient.
 
Le découpage des chapitres est réussi. Il laisse suffisamment d'espace au lecteur pour respirer. Longueurs variables, adaptées à ce que les scènes ont à offrir.
 
Bon! C'est assez pour la forme! Attaquons-nous au contenu.
 
Il y a du stock dans ce roman, n'est-ce pas? En plus de la vie contemporaine d'Adeline, tu nous plonges dans des dimensions parallèles avec Geunam et son fils (au fait, excellente trouvaille que de baptiser la pierre. De un, Zaloumée c'est très joli et exotique. De deux, ça évite tout un tas de répétition. Ça permet de varier les structures de phrases. De trois, ça ajoute au mystère de l'améthyste.), et en plein cœur de Paris du XIXe siècle. Rajoute à ça une touche de mystère africain avec Shele.
 
De plus, tu nous en dévoiles beaucoup sur le monde d'où viennent Geunam et Pyarus. Ça fait beaucoup. Même qu'à un moment donné, je me suis demandé si ce n'était pas trop. Le début du roman, surtout, peut sembler un tantinet alourdi par tout ça. Mais, par la suite, tout se déroule et on est aspiré dans l'histoire.
 
Beaucoup de détails au début, donc, mais c'est aussi ce qui donne une saveur à ton œuvre. C'est ce qui permet à tout ça de tenir ensemble. Tu nous ouvres une fenêtre sur un monde de ton cru, très riche et intrigant. J'ai beaucoup aimé. Shelene qui quitte Mu pour les colonies, qui fonde sa propre communauté, ses disciples, ses pierres... Ça me donne seulement envie d'en savoir plus! Ces petits bouts de récits sont parfaits. Ils donnent l'impression au lecteur d'un monde qui existe en dehors des pages. La juste dose entre ce qui est expliqué, ce qui est suggéré et ce qui est tu pour laisser au lecteur le soin d'utiliser son imagination.
 
L'introduction de Pyarus : brillant! Pourquoi? Parce que tu offres un contrepoids à Geunam. Quelque chose pour contrebalancer SA vision à lui. Quand j'ai compris le personnage, je t'ai trouvée géniale. Ça crée un conflit (pas dans le sens de bagarre) d'idées. Deux voies au milieu desquelles Adeline zigzague. Pyarus offre une explication. Geunam a la sienne. Zaloumée garde jalousement le secret et Adeline trouve le moyen de se faufiler et de ne pas trancher définitivement sur la nature de ses visions. Vie antérieure ou pas? Équilibriste de haute voltige, ma chère :)
 
(MERCI! Eh oui! T'as vu juste. C'est exactement ce que j'ai voulu faire! Bravo, Pat!)
 
Pour les personnages...
 
Benjamin. Type calme, maladroit, sympathique, attire le regard féminin mais ne s'en rend pas compte. Je dois t'avouer que lorsque j'ai compris qu'il offrirait les billets d'avion à Adeline, j'ai eu peur qu'il ne serve qu'à ça. Mais je me suis ravisé par la suite. C'est l'allié. La force tranquille qui veille sur Adeline. Qui s'inquiète pour elle. Il permet d'agir en contraste. De nous faire voir comment celle-ci se consume malgré elle (comme le Bucentaure), comment Adeline glisse sur une pente dangereuse. C'est à travers lui qu'on comprend que, même si Adeline suit la bonne piste, elle dérape.
 
Par contre, je ne suis pas sûr de saisir la nature de SES visions du Bucentaure.
 
Oh, et il conduit prudemment! Même s'il doit poursuivre une jeune Française un peu « chauffarde ». J'ai trouvé ce détail très réussi! Évidemment, chaque fois qu'on nous sert une poursuite, le conducteur se découvre immanquablement des talents innés pour la course et des réflexes de pilote de formule 1. Mais pas Benjamin. Cliché évité, et ça donne de la consistance au personnage. Bravo!
 
Lydia. Un peu bum. Sans les pressions exercées par sa pierre, je la devine sympathique. Sa fixation pour l'Afrique nous la rend intrigante. Il aurait peut-être été intéressant de savoir qui elle est sans tout ça.
 
 (Ici, j'ai dû enlever un bout de ce que Patrice avait écrit, car il dévoilait le punch!! ;-)
 
Adeline. J'adore. Dans ce tome-ci, elle passe un sacré test. Elle aime tant Jacob que ça peut se révéler dangereux. La brûlure d'Adeline, c'est ça : peut-elle aimer jusqu'à se consumer elle-même, jusqu'à commettre l'irréparable, jusqu'à poser des gestes qu'elle ne se croyait pas capable de poser? Adeline en apprend sur elle-même. Elle progresse. Elle sort grandie de son épreuve.
 
(Exact! Patrice, t'as tout compris!)
 
Et toi, cruelle auteure, tu la prives à nouveau de sa récompense! C'est la deuxième fois que tu l'empêches de vivre son amour. Son parcours amoureux est bien tortueux, pauvre petite :)
 
Dans ce roman-ci, Adeline qui soupçonne, Adeline qui s'obstine, qui s'entête. Adeline qui part en mission. Elle prend plus les devants. Provoque l'action. J'ai beaucoup aimé.
 
Au début, tu nous la présentes en jeune femme maître de ses affaires. Je l'aime beaucoup ainsi : au cégep, en appartement, avec un job. Avec Kippo, animal de compagnie expressif et délicieusement félin (tu vis avec des chats, ça paraît).
 
Au fait, bravo pour la technique qu'utilisent Lydia et Tristan pour séduire leur « âme sœur ». Se déguiser. Se travestir. S'investir dans une passion autre que la sienne. Tricher, donc. Beaucoup plus intéressant que si tout ça n'était « que » magique. Que l'intervention des pierres anciennes.
 
Autre détail : j'ai beaucoup apprécié le journal de Lydia. Je dis qu'on la connaît peu, finalement, mais son journal au moins est très réussi. Elle a une voix bien à elle. Un vocabulaire, une façon de formuler ses phrases. Intéressante façon de nous dévoiler ses vraies intentions.
 
Encore un autre petit détail (on est dans la section « en vrac »!) : Petite mention à prendre avec un gain de sel. C'est moi ou, excepté Lydia (qui se révèle manipulée par des forces obscures), tout le monde sans exception semble bienveillant envers Adeline? La seule qui se révèle parfois de mauvaise humeur dans le livre, c'est elle. Adeline n'a jamais à confronter quiconque qui soit hostile à son égard. Il s'agit simplement d'une observation que je me suis faite à un moment donné. Ce serait intéressant à explorer, à mon avis.
 
Bon!
 
En conclusion donc, la lecture d'Adeline m'a énormément plu (J'espère que tu t'en doutes! Ça doit faire 10 fois que je le répète!). Tu es une excellente écrivaine, Annie. N'en doute jamais. Ce texte est très mature! Je me doute des efforts que tu lui as mis. Ton œuvre s'en dégage. J'y vois un travail acharné sur le style, sur les mots, sur les phrases. J'y décèle aussi ton intuition. Ton émotion. Je sens que les conseils que tu donnes sur ton blogue ne sont pas des paroles lancées en l'air. Suivre l'histoire, écouter ce que les personnages veulent dire, se laisser guider... Il y a ce quelque chose qui passe en toi, qui coule de source.
 
Tu as ce talent, Annie. N'en doute pas. Utilise-le.
 
Ce roman mérite d'être publié. D'être lu.
 
Bonne chance.
 
Un gros MERCI pour la confiance que tu me portes. J'aurais aimé t'amener une liste de trucs concrets à améliorer, mais heureusement (!!), je trouve ton texte génial tel qu'il est en ce moment.
 
Je vais maintenant détruire le manuscrit.
 
Et la prochaine fois que je le lirai, ce sera lorsque je tiendrai le bouquin entre mes mains :)
 
Pat
 
Aujourd'hui, j'ai envoyé le manuscrit à deux autres maisons d'édition. En espérant que cette fois, ça va marcher !!! Croisons les doigts, les jambes, et tout ce qui peut se croiser... ;)
 
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ven.

23

sept.

2011

Publication numérique

Voilà, c'est fait ! J'ai une première nouvelle de publiée sur Podlit.fr. Ce sont mes débuts dans l'ère du numérique. On verra où cela va me mener. J'expérimente, et c'est ce qu'il faut pour avancer, non ?

 

Vous pouvez aussi me lire sur Atramenta, un autre site français. J'y ai déposé deux nouvelles, dont l'une qui est en chantier et l'autre qui est aboutie. Puis j'y ai déposé la premiere partie de mon roman La Brûlure d'Adeline.

 

Je vous invite chaleureusement à y faire un tour et à me lire. Et si le coeur vous en dit, à me laisser un commentaire, question de savoir si vous aimez bien ce que j'écris...

 

Merci, et bonne lecture !! :-)

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lun.

01

août

2011

« D'un seuil à l'autre vers la vérité » ...

... est le titre de la nouvelle littéraire sur laquelle je planche depuis un mois. Dans ce projet, j'ai décidé d'aller au bout de moi-même, pour voir jusqu'où je suis capable de me rendre dans mon écriture. Et ce faisant, j'apprends beaucoup sur ma façon de procéder comme écrivaine. Je m'écoute plus. Je m'arrête quand ça me dit d'arrêter. Et je poursuis lorsque ça commence à être trop intense. Hein !?!  Oui, oui ! C'est le signe que ça devient interressant ! De plus en plus, je le sens, quand ça vit sous mes doigts, quand j'ai touché une veine où coule le sang chaud de mon histoire et que je suis troublée par ce que j'écris.

 

Pour vous donner une idée de mon histoire, voici les deux premières pages :

 

«  Si sa grand-mère la surprenait en train d’explorer cette maison interdite, elle se ferait gronder et subirait tout un châtiment. Peut-être la vieille Murielle la priverait-elle de la sortie du vendredi pour les semaines à venir ? Ou pire, la renverrait-elle chez sa mère, en ville, dans ce lieu maudit qu’elle avait fui ?

 

Depuis une heure, Amandine arpentait le rez-de-chaussée de la vieille maison, celle bâtie près de la falaise surplombant la mer. Celle qui, depuis toujours, la charmait du coin d’une fenêtre à carreaux brisés, d’un sifflement entre deux planches pourries, d’une porte entrebâillée qui chante sur ses gonds sous la brise océane, des immenses haies de cèdres abandonné bordant l’allée de ciment recouverte d’un tapis vert moelleux, vivant.

 

Oui, elle avait enfin osé le pas : traverser le seuil de cette villa. Elle n’en avait pas le droit. « Que je te prenne à entrer là, Didie ! » l’avait morigéné sa grand-mère, deux jours plus tôt, quand elle lui avait demandé à qui appartenait cette maison. «Et tu repars sur le champ en ville ! Compris ? » Son visage était devenu si rouge qu’Amandine avait craint de voir du sang gicler du nez de Murielle. Cette dernière, d’un geste brusque, lui avait tendu un linge de vaisselle pour qu’elle l’aide. Elle l’avait pris en rechignant puis lui avait demandé : « Pourquoi ? » Murielle tenait un gros vase, son préféré, celui avec les roses dorées, et l’essuya minutieusement. « Parce que c’est dangereux, très dangereux ! » avait-elle répondu en plongeant son regard sévère dans le sien. « Tu ne dois pas y aller. C’est tout. » Murielle avait ensuite déposé son vase sur la table et en avait pris un autre, plus petit, en verre bleu, qu’elle avait essuyé avec une grande délicatesse, comme si elle manipulait un précieux trésor. Avec une voix plus chaleureuse, elle avait ajouté : « Je te pris de m’obéir, Amandine, car c’est ta vie dont il est question… » Ses yeux s’étaient adoucis et sa main lui avait ébouriffé les cheveux. Le changement soudain de l’attitude de sa grand-mère l’avait troublée.

 

Amandine s’était mise à se détester, car en aucun moment elle voulait la contrarier. Six ans plus tôt, Murielle l’avait accueillie à bras ouverts quand elle s’était réfugiée chez elle. Elle s’était même rangée de son côté, et non du côté de sa cinglée de mère. Toutes les trois s’étaient entendues qu’Amandine vivrait chez Murielle, le temps que Sarah reprenne sa vie en main… Amandine avait huit ans, à ce moment-là.

 

Mais elle était incapable d’obéissance ! Même à quatorze ans ! Sa grand-mère devait pourtant le savoir depuis le temps ! Plus on lui interdisait de faire quelque chose, plus le désir de faire cette chose la tenaillait jusqu’à ce qu’elle le fasse.

 

Ce matin-là, elle avait profité de l’absence de Murielle pour enfourcher son vélo et se rendre à cette vieille villa construite entre les chênes centenaires, sur le bord de la falaise. Plus que jamais, elle devait découvrir pourquoi cette maison l’attirait tant.

 

Depuis à peine quelques minutes, elle s’aventurait dans la cuisinette. Elle y trouva une table mise pour le repas du soir, recouverte d’une épaisse couche de poussière et de nombreuses toiles d’araignées. Des mouches mortes gisaient dans les assiettes, et d’autres insectes qu’elle ne reconnaissait pas. Au centre, une planche à pain attendait qu’on y dépose une miche chaude, prête à être découpée, sous la garde de trois chandelles consumées.

 

Amandine avait l’impression que les gens habitant ici étaient sur le point de manger quand ils durent, pour une raison ou une autre, quitter brusquement la maison. »

 

J'en suis à écrire la fin, et c'est difficile, car c'est intense, et surtout, je ne veux pas me tromper, je veux écrire les bonnes scènes, celles qui s'imbriquent parfaitement dans l'intrigue. Il me faut être davantage à l'écoute de moi-même... C'est passionnant !

 

Qui a dit qu'écrire était un métier facile ?  

 

Si vous le désirez, laissez-moi un commentaire sur ce début de nouvelle, d'accord ? MERCI !!

 

Annie 

 

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